La première sortie de surface commença avant l’aube froide, quand le ciel n’était qu’une pression pâle au-dessus des racines.
Kharna resta en arrière de la ligne de tête; ses plaies tiraient encore, mais elle tenait à voir chaque étape. Siltis menait l’avant-garde. Mirel ouvrait la lecture de terrain. Yenna gardait le fil logistique vers la rampe.
Le monde extérieur frappa les sens comme une noyade: odeurs dispersées, lumière mouvante, vibration sans mur. Les novices respiraient trop vite.
— Fermez à moitié les antennes, ordonna Siltis. Prenez le sol, pas l’air.
Elles avancèrent sous une racine renversée vers une poche d’eau repérée la veille. Sur le trajet, Mirel montra des traces profondes dans la boue: une ligne d’écailles, large comme cinq fourmis côte à côte.
— Torvak est passé il y a moins d’un cycle.
Yenna examina les bords de l’empreinte.
— Et Drelle derrière. Griffe fine, trajectoire oblique.
Kharna comprit que l’une suivait l’autre comme une saison suit la pluie. Ce n’était pas un duel, c’était un rythme écologique. Si Bel-Azh lisait ce rythme, elle vivrait. Sinon, elle serait écrasée sans même devenir un ennemi.
La collecte se passa bien la première heure. Les porteuses remplirent des poches de membrane. Deux équipes découpèrent des restes de mues et de chair sèche laissés près d’un talus. Puis le sol trembla.
Un battement lent, massif.
Le Torvak, encore.
Extrait uniquement. Chapitre complet à venir.