Livre 1 · Les Paroles Saignées · Extrait

Chapitre 5

La rampe de l’air

La rampe de l'air ouvre la surface, mais chaque sortie paie un prix plus dur.

Extrait
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La rampe de l’air n’était pas un tunnel. C’était une gorge.

Un conduit raide, instable, où la pierre respirait plus vite que les fourmis. L’humidité y montait en nappes froides, puis disparaissait d’un coup, laissant les mandibules sèches et la tête lourde. Dans certains virages, l’air semblait venir d’en haut; dans d’autres, il redescendait comme un reflux sale.

Kharna y entra avec le premier groupe d’inspection, plus lente qu’avant à cause des plaies de ses ailes. Chaque mouvement tirait sur son dos. Elle refusa pourtant d’être portée.

— Si je ne peux pas traverser ce passage, je ne peux pas le commander.

Siltis n’insista pas. Elle posa simplement deux gardes à portée de Kharna, sans commentaire.

Mirel avait préparé des balises triples: odeur, percussion, texture. Chaque nœud de la rampe recevait une surface différente à toucher du bout des antennes: lisse pour avancer, rugueuse pour tenir, striée pour repli. Si l’odeur était copiée, le toucher restait.

Yenna gérait le flux d’eau depuis l’arrière. Elle avait converti une chambre de repos en réservoir provisoire avec des parois de glaise compressée. Deux fuites avaient déjà cédé.

— On tient à peine, dit-elle. Si la rampe saute, on rationne sévère en deux veilles.

La première attaque vint sans cri.

Un pan de paroi se détacha au passage d’une équipe de porteuses. Ce n’était pas un éboulement naturel: quelqu’un avait gratté les points de tension. Trois ouvrières furent projetées contre la roche. Ashra tira la première par la patte, une seconde par le cou, la troisième resta coincée sous un bloc.

Kharna donna un ordre court.

— Pas de poursuite. Sauvetage d’abord.

Extrait uniquement. Chapitre complet à venir.